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MEURTRES D’OUTRE-TOMBE
EXTRAITS


EXTRAIT N° 1
Mardi 2 septembre 2014
Marcilly (sud !), école primaire « des Noisetiers ».
Didier contemplait Laureline avec tendresse. Après toutes les épreuves qu’il avait traversées, il n’aurait jamais pu imaginer pouvoir revivre un tel moment de bonheur : accompagner sa petite-fille pour la rentrée des classes.
Lorsque sa mère lui avait révélé la vérité, deux mois plus tôt, Laureline avait immédiatement adopté ce grand-père dont Karine lui avait pourtant dit qu’il était mort bien avant sa naissance. Elle-même ne l’avait jamais connu, puisqu’elle avait deux ans et demi lorsqu’il avait disparu. Pourtant, il était revenu.
Karine n’avait pas tout dit à la fillette. Elle était trop jeune. Laureline savait seulement qu’une grave maladie l’avait tenu éloigné pendant plusieurs années. D’une nature curieuse, elle avait essayé d’en apprendre plus, mais papy Didier lui avait dit qu’il n’avait pas envie d’en parler, puisque tout était terminé maintenant. Il boitait encore un peu, mais la petite savait que cette blessure était récente et n’avait rien à voir avec sa maladie. De plus, elle finirait par disparaître. Alors, elle n’avait pas insisté. Après tout, ce papy qui lui tombait du ciel avait le droit d’avoir ses secrets.

Il faisait frais et clair. Un temps magnifique illuminait la rentrée des classes. Laureline allait avoir neuf ans en novembre et entrait en « cours moyen première année ». Seul bémol, elle avait appris de la bouche même de sa maîtresse, Laetitia, qui la suivait depuis le cours préparatoire, qu’elle ne serait pas avec elle cette année. La nouvelle avait rendu la gamine d’humeur maussade, et les explications de Karine n’y avaient rien changé. Didier avait alors fait remarquer à la fillette, avec sa patience coutumière, qu’elle retrouverait Laetitia à chaque fois qu’elle irait voir sa copine Emma. Mais surtout, elle devait prendre conscience qu’elle devenait une grande fille et que, pour cette raison, elle ne pouvait demeurer dans les jupes d’une maîtresse qui s’occupait des « petits ». Ce dernier argument avait beaucoup séduit la fillette, qui s’était soudain sentie gonflée d’importance à l’idée d’intégrer la classe des « grands ». Bien sûr, il y avait encore au-dessus les CM2, qui avaient un an de plus. Mais elle ne faisait plus partie des « bébés ». Et ça, c’était cool.
Karine et Didier, mêlés aux autres parents, s’étaient agglutinés le long de la grille derrière laquelle s’étendait la cour de récréation. De l’autre côté, une armada de gamins hurlaient à pleins poumons, couraient, se battaient – surtout les garçons – ou se racontaient leurs dernières vacances. Les assistantes maternelles avaient fort à faire pour s’occuper de tout ce petit monde vociférant, piaillant, pleurant, réclamant les toilettes à cor et à cris. La plupart oubliaient leurs parents sitôt franchi le portail, retrouvant avec des rugissements de joie les copains de l’année précédente. Les plus jeunes braillaient à qui mieux mieux, harponnant la jambe de leur mère avec des accents désespérés de veaux menés à l’abattoir.
Nombre de mamans des « petite section » reniflaient discrètement en abandonnant le fruit de leurs entrailles au monde impitoyable et sauvage de l’école maternelle. En revanche, quelques gamins intrépides, dont c’était pourtant le premier contact avec l’école, n’avaient qu’une hâte : que leur mère les lâche pour qu’ils puissent courir rejoindre les autres et s’emparer de tel jouet qu’ils avaient déjà repéré.
Quelques mères poules avaient investi d’autorité la cour de récréation et se répandaient en de multiples conseils et recommandations aux maîtresses, les yeux rouges, le nez humide, le regard aux aguets, tremblant pour leur petit trésor, jusqu’au moment où elles s’apercevaient que ledit petit trésor avait déjà filé en courant parce qu’il avait aperçu un copain.
Pour Laureline, la rentrée n’était qu’une formalité. L’école, elle la connaissait par cœur, tutoyait toutes les maîtresses, savait s’imposer aussi bien parmi les garçons bagarreurs que parmi les filles, avec un mélange d’enthousiasme, d’autorité naturelle et de bonne humeur constante. Laureline était un véritable feu follet que ses condisciples avaient parfois peine à suivre. Elle n’était pas du genre à se répandre en larmes au moment de se séparer de sa mère. Même la première année, Karine n’avait eu droit qu’à un petit signe de la main, un visage fermé, mais déterminé. Puis Laureline s’était avancée dans la cour d’un pas décidé et avait rejoint les autres sans une larme, curieuse de ce qu’elle allait découvrir.
Karine et Didier se virent gratifiés chacun d’un bisou, puis Laureline courut rejoindre Emma en hurlant.
— Il vaut mieux la voir comme ça, dit Didier avec une moue amusée.
— Oui. Elle grandit. Trop vite, peut-être. Elle n’a pas neuf ans et elle est déjà indépendante.
Didier ne répondit pas. Il ne pouvait même pas lui dire qu’elle avait hérité le caractère de sa mère. Ayant été séparé d’elle lorsqu’elle avait à peine plus de deux ans, il n’avait aucune idée de la manière dont elle se comportait lorsqu’elle était enfant. Aussi se plaisait-il à imaginer sa fille à travers la vitalité de Laureline. Karine et lui s’étaient retrouvés, mais ni l’un ni l’autre ne conservait de souvenirs communs. Depuis deux mois, ils apprenaient à se connaître et passaient pour cela beaucoup de temps ensemble.

EXTRAIT N° 2
Mardi 14 octobre
Les habitants de Parçay s’appelaient les « Parçaisiens ». Ça leur convenait très bien. Ça ressemblait un peu à « Parisiens ». On avait beau n’être que la proche banlieue d’une « grande » ville comme Marcilly, on avait sa fierté. Même si le village ne comptait que huit cent trente et un habitants.
La plupart étaient de braves gens.
Mais pas tous.
Il y en avait une qu’on appelait la Sorcière, ou Harpagone, pour les plus érudits. Mais son surnom le plus courant était « la Mère Grippe-sou ». Depuis plusieurs décennies, Eugénie Varney exerçait son despotisme et faisait fructifier avec la patience d’une fourmi la fortune héritée de son père. Cette fortune se composait de la grande ferme des Tilleuls, qui s’étalait sur plus de cent cinquante hectares. Elle comportait en outre une douzaine d’exploitations agricoles plus modestes sises sur le territoire de Parçay et des communes alentour, et que le père d’Eugénie, Isidore Bernier, avait rachetées pour quelques poignées de cerises, immédiatement après la guerre, à des paysans ruinés ou à des veuves incapables de tenir une ferme à elles seules. On cultivait de tout sur les terres des Bernier, depuis la vigne jusqu’au blé en passant par l’avoine, l’orge, le seigle, le colza ou le maïs. On élevait des vaches, des porcs et des poulets pour la viande. A cette opulence venaient se rajouter trois immeubles de rapport à Tours, deux à Orléans, et encore deux autres à Blois, amenés par le mari d’Eugénie, Maurice Varney – aujourd’hui défunt. Sans parler d’un portefeuille d’actions qui lui aurait permis de s’offrir un petit château. Le moins que l’on pût dire était que la Mère Grippe-sou n’était pas dans le besoin.
Pourtant, quand on la connaissait, on pouvait avoir cette impression. Elle aurait pu vivre, comme on dit, sur un grand pied, s’offrir des tenues créées par de grands couturiers, des chaussures sur mesure et tout ce qui convient à une femme possédant un compte en banque frappé d’obésité. Malgré ça, hiver comme été, Eugénie s’obstinait à arborer des robes tristes et grises, achetées au « décrochez-moi ça » au marché de Marcilly, qu’elle usait jusqu’à la trame, après les avoir reprisées d’innombrables fois. Sa vêture se complétait de bas de contention (remboursés par la sécurité sociale !), d’un sempiternel foulard rosâtre noué sur sa tête, et de non moins sempiternels chaussons au feutre collé par la crasse, qu’elle ne quittait que pour enfiler, les rares fois où elle sortait, des souliers de cuir déformés à la couleur improbable.
Eugénie Varney approchait des quatre-vingt-quinze printemps. Sa rapacité était telle que ses propres enfants s’étaient écartés d’elle. Hormis le dernier, Victor, qui, à cinquante-six ans, n’avait jamais quitté sa mère. Ce brave garçon avait hérité du trait de caractère principal de sa génitrice : l’avarice. Pour cette raison, la maman et le fiston s’entendaient à merveille. Pour cette raison aussi, les autres enfants de la Mère Grippe-sou, qui avaient plutôt hérité de leur papa, s’étaient enfuis des Tilleuls dès que possible. Quant à leur père, il s’était évadé d’une autre manière, en l’an 1968, grâce à un cancer qu’il gardait en réserve depuis une bonne douzaine d’années, et qui lui avait permis d’échapper définitivement à la tyrannie de sa moitié.
C’était en 1949 qu’Eugénie Bernier, alors âgée de 29 ans, avait épousé Maurice Varney. De dix ans son aîné, ce riche bourgeois de Tours glissait dans la corbeille de mariage les immeubles évoqués plus haut. De son côté, Eugénie était la seule héritière de son père, ses deux frères ayant eu la délicate attention de mourir prématurément, le premier pendant la guerre, le second juste après – d’une superbe cirrhose.
Le brave Maurice Varney s’était vite rendu compte qu’il avait épousé une harpie, et que, malgré leur différence d’âge, il n’aurait pas le dernier mot avec elle. Hélas, s’il était bien doté sur le plan financier, il l’était beaucoup moins sur le plan physique. À 39 ans, son menton prognathe et son regard affligé d’un strabisme divergent ne lui avaient pas encore permis de trouver « chaussure à son pied ». Eugénie ne s’était pas arrêtée à ces petits détails. Le charme des immeubles de rapport avait largement compensé les disgrâces dont souffrait son époux.
Maurice, ravi de rencontrer une femme qui daigne enfin s’intéresser à lui, était prêt à tous les sacrifices pour elle. D’autant plus que, dans ses jeunes années, Eugénie Bernier pouvait passer pour une jolie femme – même si l’on aurait pu trouver à redire sur le plan de l’élégance. Aussi, Maurice avait abandonné la vie de joyeux fêtard qu’il menait pour compenser sa solitude, et qui lui valait une bonne quantité d’amis gloutons et pas spécialement désintéressés. Ces derniers s’étaient vus fermement priés de déguerpir par la mégère. Trop timoré pour se rebeller, Maurice n’avait pas récriminé ; il avait enfin une femme dans son lit, qu’il se dépêcha d’honorer comme il convient en lui faisant quatre enfants.
Cela compensait un peu le caractère acariâtre et l’avarice maladive de sa dulcinée. Cependant, Eugénie étant bigote, elle refusait d’utiliser le moindre système de contraception. Après la naissance du quatrième – le Victor susnommé –, elle avait décrété que Dieu lui avait donné suffisamment d’enfants et elle avait proprement viré son mari de sa couche afin d’éviter un cinquième héritier. Les jeux d’alcôve ne la passionnaient pas outre mesure ; ils avaient donc fait chambre à part. Frustré, mais trop veule pour se révolter, Maurice Varney avait songé avec aigreur qu’il aurait mieux fait de rester célibataire. Après la fabrication de Victor en 58, sa vie s’était résumée à tenir une comptabilité des plus strictes de leurs avoirs, sans toutefois les gérer lui-même. Eugénie possédait un don particulier pour cela et ne lui abandonnait que la tenue des livres. Maurice aurait bien fait remarquer qu’une bonne partie de ces biens lui appartenait, et qu’il était libre d’en faire ce qu’il voulait, mais il n’osa jamais. Eugénie ne supportait pas la contradiction, et elle, au contraire, était dotée d’une autorité redoutable, à laquelle il ne faisait pas bon se frotter.
Une autorité qu’elle conservait encore à quatre-vingt-quatorze ans et qui continuait à effrayer ses employés. Avec le temps cependant, elle avait abandonné la gestion à son fils Victor, aussi pingre qu’elle, et en qui, pour cette raison, elle avait une totale confiance. Brave petit !

Ce matin du mardi 14 octobre 2014, Eugénie était très en colère. Elle venait de recevoir un courrier envoyé par la poste, mais dont l’adresse et la lettre glissée à l’intérieur avaient été écrites grâce à des caractères découpés dans des magazines. Une missive sans signature dont le texte l’avait plongée dans la fureur.
— Qu’est-ce que c’est que cette cochonnerie ?
Elle relut rapidement le texte. À son âge, elle pouvait presque se passer de lunettes. Les besicles dont son nez était chaussé se constituaient de loupes achetées dans un supermarché – lors d’une promotion. Jouissant d’une santé de fer et évitant la fréquentation des médecins, Eugénie n’avait jamais coûté très cher à la Sécurité Sociale. De plus, les docteurs pratiquaient des tarifs qu’elle jugeait indécents, et dont il restait toujours une partie à sa charge. Malgré les impôts scandaleux qu’elle payait !
— Tiens, regarde ! cracha-t-elle en tendant la lettre à son fils.
Victor prit le courrier et lut à haute voix :
« Ce courrier s’adresse à Madame Varney, dite la Sorcière, dite la Mère Grippe-sou, née Eugénie Bernier, fille d’Isidore Bernier et de Georgette Mouchet.
« Madame,
« Il s’est passé de drôles de choses pendant la guerre, des choses dont vous n’avez pas lieu d’être fière. Votre fortune a été bâtie sur des tripotages malsains et sur la mort d’innocents. Des innocents dont faisaient partie Lise Levasseur et sa famille.
« Mais un jour, tout se paye…. Ne l’oubliez jamais !
« Lise n’est peut-être pas tout à fait morte…


EXTRAIT N° 3
Samedi 19 novembre
Le Touraine primeur, tout comme le Beaujolais primeur qui a initié la tradition, n’a rien d’un grand vin. Il est surtout un prétexte pour faire la fête le long des vallées du Cher et de la Loire.
À Marcilly, ces réjouissances étaient attendues avec impatience depuis le début des vendanges. Tandis que les viticulteurs proposaient leur récolte de l’année, des festivités étaient organisées dans la ville, aussi bien sur la rive Nord que sur la rive Sud, afin qu’il n’y ait pas de jaloux. Marcilly était en effet l’une des rares petites villes de la vallée du Cher à s’étaler sur les deux rives. Ce dont les Marcilliens n’étaient pas peu fiers.
Le clou de la fête était la course de voiture à pédales. Des barrières avaient été installées afin d’empêcher des spectateurs trop enthousiastes de se trouver sur la trajectoire des petits bolides. Car, contrairement ce que l’on pourrait imaginer, ça roule vite, ces voitures à pédales. Les plus rapides atteignent des pointes à 50 km/h, et la vitesse moyenne d’une course s’établit autour de 30 km/h.
Le circuit, long d’une dizaine de kilomètres, empruntait les rues principales de chaque rive, en traversant plusieurs fois – et dans les deux sens – le vieux pont qui les reliait. Ce qui impliquait une séparation de bottes de paille au beau milieu – et un bel étranglement de chaque côté, ce qui amenait parfois quelques échanges de noms d’oiseaux entre les concurrents. Le circuit était parcouru dix fois, soit une centaine de kilomètres. Des équipages de pilotes se relayaient au volant. Comme aux vingt-quatre heures du Mans.
Cette course était avant tout l’occasion de s’offrir une bonne tranche de rigolade, car si certains véhicules ressemblaient aux premières voitures telles que Bugatti ou Talbot Lago, la plupart présentaient des carrosseries joyeusement fantaisistes, avec pilotes grimés en correspondance. On trouvait ainsi des supers héros américains, des Batmans au volant de leur Batmobile, des Spidermans avec leur araignée à roulettes, des Robins des bois sur un tronc d’arbre agrémenté de branches feuillues ; suivait toute une ménagerie d’animaux improbables : un taureau, un gros chien, un énorme canard jaune en plastique au bec réjoui, un ours polaire piloté par des pingouins enthousiastes. Les dessins animés n’étaient pas en reste avec, entre autres, les Enfants perdus de Peter Pan au volant du navire du capitaine Crochet, une baraque en bois conduite par les Sept Nains, des trolls pilotant un pont en pierre ; il y avait aussi un fourgon de police, une cathédrale, une citrouille, une barque, une chaussure (la Godasse à Mimile), un tonneau et ses quatre Bacchus hilares…
La course, qui durait environ trois heures, était couronnée par des prix qui récompensaient la vitesse et l’apparence du véhicule et de ses pilotes. Le départ et l’arrivée avaient lieu sur la grande place de Marcilly (rive Nord), sur laquelle donnait le bistrot du gros Gégène. On y bénéficiait d’une vue privilégiée sur les stands affectés à chaque véhicule. Karine, Didier, Laureline, Christian et Ludivine avaient pris place sur la terrasse dès le début de l’après-midi afin d’être aux premières loges. Ils n’étaient pas seuls. Tous les cafés grouillaient d’hommes et de femmes de tous âges, et de quantité d’enfants turbulents, emmitouflés dans des manteaux fourrés, car si le soleil était au rendez-vous, la chaleur jouait les absentes. Un vent froid et sec balayait les rues de la petite ville, ce qui donnerait un prétexte tout trouvé aux buveurs pour se réchauffer avec le Touraine primeur. (De toute façon, s’il avait fait chaud, ils auraient plaidé le besoin de se désaltérer !)
La majeure partie des Marcilliens assistait à la course, ainsi que les habitants des cités voisines ; certains venaient de Tours, de Blois, et même, pour les passionnés, de la France entière. Les hôtels de la ville ne fermaient jamais en cette période. La seule chose que l’on redoutait, c’était la pluie, qui avait parfois la mauvaise idée de s’inviter lors de cet événement.
Le départ de la course était organisé comme autrefois les 24 heures du Mans évoquées plus haut, c’est-à-dire que les concurrents se rangeaient d’un côté et les voitures de l’autre, en épi. Au signal, les pilotes se précipitaient vers leur véhicule, bondissaient au volant afin de prendre le meilleur départ possible. Comme au Mans. Sauf que… au Mans, les pilotes étaient des pros. À Marcilly, on avait affaire à des amateurs grand teint, et avec les décorations des voitures à pédale, la chose n’avait rien d’évident. Certains se coinçaient une jambe dans le volant, d’autres, pourvus d’ailes d’abeilles dans le dos, éprouvaient quelques difficultés à se glisser sur leur siège. La foule hurlait son enthousiasme, Laureline et Ludivine n’étant pas les dernières à s’époumoner.

A SUIVRE

 
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