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LES CROYANCES


Il est très délicat de vouloir résumer toutes les croyances du monde de Phénix dans un seul article. Celles-ci sont en effet aussi complexes que les diverses sociétés humaines qui peuplent la planète.
Cependant, il est possible de dégager certaines grandes idées qui donnent une approche générale, et surtout qui permettent de mettre en relief quelques constantes.
Lors de l'effondrement de la civilisation qui suivit l'Age d'Or, les religions antiques ne survécurent pas. Ou plutôt, elles se modifièrent.
Au XXVème siècle, les religions ne faisaient plus guère recette, et leurs adeptes voyaient leur nombre diminuer régulièrement. S'ils compensaient par le fanatisme cette inexorable réduction de leurs effectifs, leur pouvoir s'effritait lentement. Une seule religion subsistait, et même se développait, le bouddhisme, tout simplement parce qu'elle avait su évoluer et s'adapter aux données du monde nouveau, où la technologie avait permis de mettre en évidence les absurdités sur lesquelles se fondaient toutes les grandes religions antiques.
Ces grandes religions du passé avaient été ramenées au niveau de sectes, et s'étaient mêlées à des mouvements de pensée nouveaux, qui s'étaient eux aussi regroupés en sectes, et dont les motivations étaient souvent basées sur l'exploitation de la crédulité de leurs fidèles. Si certaines se contentaient de prendre en charge des êtres incapables de s'assumer seuls sur le plan spirituel, d'autres au contraire exploitaient la fragilité de l'homme de manière éhontée. Certaines devinrent si puissantes qu'elles finirent par concurrencer les anciennes religions judéo-chrétiennes, toujours occupées à se combattre avec détermination. Ces guerres de religion larvées, qui se poursuivirent tout au long de l'Age d'Or, contribua pour beaucoup à l'effondrement de ces grandes religions, qui ne survécurent que dans la mesure où la technologie n'avait pas envahi la totalité du globe. Elles continuaient à fleurir dans les régions pauvres. Dans les pays développés par la technologie, où les peuples bénéficiaient d'une instruction et d'un esprit d'analyse plus pertinent, leurs mythes et leurs principes furent vigoureusement remis en question, surtout en raison de l'apparition de l'idée nouvelle de l'individualité, selon laquelle chaque être humain était différent de tous les autres, et de ce fait pouvait détenir sa propre vérité. Seul le Bouddhisme sut s'adapter à cette nouvelle philosophie, tout simplement parce qu'il la contenait déjà en lui-même.
Lorsque la civilisation s'effondra, le Chaos engloutit aussi bien les religions antiques que les sectes nouvelles ou issues du XXème siècle. Le Bouddhisme lui-même disparut.
Encore que la religion amanite se rapproche beaucoup de l'esprit du bouddhisme, elle présente toutefois certaines différences.
Au cours des siècles de Chaos, et de la renaissance qui suivit, les vieilles croyances se transformèrent en superstition. La population humaine, anéantie, se morcela en une multitude de petites poches de civilisation survivant en autarcie, pratiquement sans contact les unes avec les autres, sinon au cours de combats aussi sporadiques que meurtriers. Partout se développèrent donc d'innombrables croyances, issues de l'interprétation des religions et des sectes antiques, et mêlées à de nouveaux évènements qui parfois en modifièrent l'esprit de manière fondamentale. On assista ainsi à de curieuses mixtures théologiques se fondant sur des principes empruntés aussi bien au christianisme qu'au judaïsme, couronnés par des principes tirés en droite ligne du Coran. Le tout assaisonné d'idées extrème-orientales, voire issues de l'antiquité égyptienne ou grecque.
Aussi, lorsque les amanes commencèrent leur lente reconquête du monde, ils durent composer avec toutes ces superstitions locales, enracinées depuis des siècles dans l'esprit des populations rencontrées. La souplesse théologique des prêtres sut parfaitement s'adapter à toutes ces particularités locales, qu'elle engloba sans heurt. Il faut voir là encore une fois la très grande sagesse de Kalkus de Rives, qui sut créer une religion dont les motivations n'étaient pas le pouvoir, mais le reconstruction de la civilisation, dans le but d'offrir à l'homme un monde où il pourrait à nouveau épanouir sa personnalité. La religion amanite ne contenant aucune idée directive, sinon l'enseignement du respect mutuel et la recherche de la connaissance personnelle, elle intégra, puis orienta doucement les croyances locales vers ses buts.
De même, les amanes surent habilement mélanger les légendes locales à celles que Kalkus de Rives avait inventé de toutes pièces pour illustrer les grands principes moraux qu'il voulait redévelopper. Le sacrifice religieux, le "Ghelah", auquel les populations assistaient une fois par semaine, n'avait rien d'obligatoire. Personne n'était obligé de se rendre au temple. C'est sans doute pour cette raison qu'il était fréquenté assidûment.
Les prêtres ne sont jamais directifs. Ils sont là pour aider leurs fidèles à composer avec leur conscience. Ils ne prennent jamais parti, ne condamnent pas, et n'imposent aucune pénitence. Ce sont avant tout des psychologues et non des juges. C'est pourquoi leur soutien moral est si recherché. Cette souplesse fit beaucoup pour l'abandon des petites croyances locales, qui prirent peu à peu l'allure de superstitions.
Certaines constantes continuent cependant à survivre, comme celle de Shaïentus.
Shaïentus représente l'esprit du mal, et symbolise l'antique croyance du Diable. Si Shaïentus est le nom le plus couramment rencontré, il diffère suivant les régions, et même suivant que l'on se trouve près d'un fleuve ou dans une forêt. Il prend alors le nom d'Ywaïn, suivi de ses quatorzes démons. La légende correspondante explique d'ailleurs le nombres des armes de lancer baptisées les "styls", qui sont au toujours nombre de vingt neuf, vingt huit styls courts (deux par démons) et un styl plus long, réservé à Ywaïn.
Fortement imprégnés de superstition, même dans les grandes cités, les hommes se protègent le plus souvent des influences néfastes de Shaïentus en posant la paume de la main droite sur le front. Ils se placent alors sous la protection de ceux que l'on appelle les Dieux de bienveillance.
Les Dieux de Bienveillance mériteraient à eux seuls une étude complète. Il en existe des milliers de par le monde, attachés à un lieu ou un principe, comme par exemple Arys, la déesse-fleur de Gwondaleya, qui vit dans la forêt Skovandre, et qui préside aux destinées de la ville. On lui consacre des danses sacrées dans un parc charmant de la cité, appelé justement le pré d'Arys. Là, des jeunes filles viennent quotidiennement danser en son honneur.
A Gwondaleya, un autre dieu local est très aimé. Il s'agit de Lakor, le fondateur de la ville, et le compagnon de la déesse Arys. On a peu à peu oublié qu'il s'agissait à l'origine d'un homme, qui vécut il y a deux mille ans, et dont l'histoire fera l'objet d'une étude séparée.
Ces dieux de bienveillance font l'objet d'une attention particulière, qui est un curieux mélange d'admiration et de familiarité. En effet, certains d'entre eux sont les héros de légende parfois pleines d'humour, et les fidèles s'amusent beaucoup de leurs mésaventures.
Enfin, les Dieux de Bienveillance sont réputés pour protéger efficacement des influences néfastes de Shaïentus. D'ailleurs, le malheureux Shaïentus, qui porte sur les épaules tous le poids du Mal, est toujours tourné en ridicule par le moindre des dieux de bienveillance avec lequel il a le malheur de se colleter. C'est tout au moins l'état d'esprit qui règne à Gwondaleya, de même que sur la majeure partie de l'Europannia et de l'Ukralasia. Ailleurs dans le monde, l'esprit des dieux est le reflet de l'âme des habitants, et tous les cas de figures sont possibles.
Enfin, la croyance suprême, qui est celle des amanes eux-mêmes, est celle de la Vie. Seuls les érudits parviennent à se débarrasser de cet esprit superstitieux et se range à la croyance fondamentale des amanes.
Celle-ci repose sur le fait que l'Univers est infiniment vaste, et qu'il est composé à la fois de matière et d'esprit. Or, l'homme étant limité par sa nature même, dans le temps et l'espace, il serait outrecuidant pour lui de vouloir tenter d'expliquer l'existence d'un Dieu suprême, souverain de la totalité de l'Univers matériel et spirituel. Il suffit d'en admettre l'existence, tout simplement parce que la vie existe. La Vie, la Nature, et cette faculté humaine que l'on appelle la conscience. Les amanes estiment que la meilleure façon de rendre hommage à cette entité suprême est de jouir de la meilleure manière possible de cette vie qu'elle a donnée à chaque être humain. Pour eux, toutes les formes de superstition annexes sont secondaires et folkloriques. Mais les sapienniens ignorent pour la plupart cette démarche d'esprit.

 
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